AUTOMNALES 2018 (3)

SANGLIERS MORTS DE L’OEDEME : L’ÉTRANGE PARCOURS D’UNE MYSTÉRIEUSE MALADIE DONT LES CHASSEURS NE CONNAISSENT TOUJOURS PAS L’ORIGINE

 

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La mystérieuse bactérie tueuse de sangliers continue de voyager

 

APRES L’ARDECHE, LES PYRENNEES ORIENTALES … LA DRÔME ?

 

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« Maladie de l’œdème » : la bactérie tueuse s’installe dans la durée, s’étend géographiquement
Photomontage/Inter/CC BY-SA

.   « Jamais deux sans trois » dit le dicton populaire hélas vérifié ou sur le point de l’être s’il se confirme, ce qui est probable, que la Drôme est aujourd’hui le troisième département français où des sangliers meurent de l’œdème du porc.

 

Dans sept communes drômoises, 22 sangliers trouvés morts auraient été victimes de la bactérie tueuse apparue pour la première fois en Ardèche chez des sangliers, (« fortes suspicions » pour la Drôme selon les scientifiques de l’ONCFS).

La date réelle de découverte dans la Drôme des premiers cas est aujourd’hui sujet de polémique. En effet, dans son communiqué daté du 17 septembre 2018, le président de la FDC 26 situe l’origine de l’épisode à la première quinzaine de septembre : « Sur le GGC15, une dizaine de cadavres de sangliers a été retrouvée depuis une quinzaine de jours (semaines 36 et 37) », affirme-t-il. Or, l’enquête du Dauphiné Libéré situera dans un premier temps cette découverte « début août » (éditions du 3 octobre). Puis, après avoir assisté à la conférence de presse donnée le 18 octobre au siège de la FDC 26 en présence de la responsable scientifique du réseau Sagir de surveillance sanitaire de la faune sauvage (ONCFS), des services départementaux de l’Etat, le quotidien régional (éditions du 19 octobre) fait finalement remonter le début de l’épisode des « 22 sangliers retrouvés morts sur le Groupement de Gestion Cynégétique 15 » à la date précise du « 10 juillet », ce qui fait quand même près de deux mois d’écart …

Ce qui est sûr, c’est que le premier cas connu sur cette planète d’un sanglier atteint par la maladie de l’œdème du porc, c’est en 2013 dans le département de l’Ardèche, une première scientifique dont les chasseurs ardéchois se seraient bien passés. En 2016, à la surprise générale la « maladie » avait alors bondit dans les Pyrénées Orientales, juste à la frontière. Dans le même massif des Albères, versant espagnol, les chasseurs catalans faisaient au même moment le même constat de désolation.

 

 

DES QUESTIONS SANS REPONSE, DES SIMILITUDES TROUBLANTES

 

. Questions sans réponse

 

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La question posée par le président de l’Inter Chasse 26-07 reste sans réponse
Inter/Capture/Site Dauphiné Libéré/23 février 2017

.   Des questions, il y en a, plus que des réponses.

 

Ardèche – Eté 2013. 120 cadavres de sangliers sont ramassés dans 29 communes. Tous sont morts d’une maladie qui ne touchait jusque-là que le porc domestique. Cinq ans après, la communication officielle fait invariablement référence à « la maladie de l’œdème ». Soit. S’agit-il d’une mutation génétique pour qu’elle ait pu devenir mortelle pour les sangliers et non contaminante pour les porcs ?

Pourquoi, en cinq ans de recherches scientifiques, les laboratoires agréés n’ont-ils toujours pas apporté la réponse à cette question : la maladie qui tue les sangliers dans la nature mais pas les porcs dans les élevages est-elle oui non, dans sa réalité, une maladie nouvelle, génétiquement différente de la maladie de l’œdème du porc bien que similaire en apparences, maladie nouvelle qui aurait pu être créée par l’homme à partir d’ADN recombinant, produit de la biologie de synthèse ? Si c’est non, qu’on nous le dise. Si c’est oui, qu’on nous le dise aussi.  

 

. Similitudes troublantes

 

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Photos Inter/CC BY-SA

En 2016, la maladie de l’œdème (ou une maladie recombinée de l’œdème) bondi de l’Ardèche aux Pyrénées Orientales à moins que ce ne soit directement de l’Espagne aux Pyrénées par le massif des Albères, la Catalogne expérimentant alors des techniques d’éradication des surpopulations de sangliers. Seule certitude : la bactérie tueuse de sangliers s’active juste à la frontière franco-espagnole.

En 2018, la peste porcine africaine (souche de virus à déterminer) bondi de l’Europe de l’Est à la Belgique. Comment ? Nul ne sait. Seule certitude : le virus tueur de sangliers s’active juste à la frontière franco-belge.

Ce n’est peut-être qu’une coïncidence. Peut-être.

 

 

PESTE PORCINE, EVOLUTION

 

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. Le cap des 100 sangliers trouvés morts infectés a été franchi : 104

. Les mesures préventives prises le 15 septembre sont reconduites jusqu’au 15 novembre … au moins

. Les scientifiques belges s’activent dans deux directions prioritaires : affiner la connaissance génétique du virus, comparer l’ADN des sangliers

. Rappelons qu’il n’existe malheureusement pour le moment ni vaccin, ni traitement à administrer aux porcs et sangliers

 

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Photo Inter/Site Chasse Drôme-Ardèche/Gérard Romain

LETTRE OUVERTE AUX CHASSEURS DE FRANCE : « SOYONS UNIS ! »

 

.   Dans une lettre ouverte « aux chasseurs de France », Willy Schraen, le président de la FNC, ne dissimule pas son inquiétude face à la menace de peste porcine africaine :

 

« Il y va cette fois-ci de l’avenir de toute la chasse française », écrit-il.

 

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Photo Inter/Capture/FNC/27 août 2018

La conclusion du patron des fédérations s’adresse à tous sans exception :  

« Soyons unis ! » …  

Voilà des paroles pleines de sagesse, à la hauteur de l’enjeu, que les responsables de l’Inter Chasse Drôme-Ardèche n’approuvent pas à 100 % …

… Mais à 200 % !

 

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Ainsi va le monde …

 

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Photo Inter/CC BY-NC-ND

Saisissant raccourci de l’inversion des valeurs qui gagne peu à peu notre société déboussolée, côte à côte sur la même page du Dauphiné (Editions du 11 octobre 2018), ces deux « brèves » qui se télescopent :

. Dans la Manche, un homme répond de ses menaces criminelles devant un tribunal. Le parquet a requis contre lui 18 mois de prison dont 12 fermes pour appel public à « tuer des policiers et leurs familles ». L’homme ressort du tribunal avec « une simple amende de 350 € ».  

. Dans les Pyrénées, plainte est déposée avec constitution de partie civile contre les éleveurs qui ont organisé des battues d’effarouchement après le lâcher de deux femelles ourses slovènes. Pour « tentative de destruction en bande organisée d’une espèce protégée », les éleveurs béarnais risquent « 7 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende ».  

L’Homme, espèce à protéger d’urgence ?

 

 

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L’INTERDEPARTEMENTALE