AUTOMNALES 2018 (2)

PESTE PORCINE AFRICAINE :  CHASSE AU SANGLIER INTERDITE  DANS UNE QUARANTAINE DE COMMUNES DU GRAND EST

 

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Photos Inter/CC BY-NC-ND/
Captures/Le Figaro Magazine/Le Figaro/L’Est Républicain/L’Avenir.net/DH.be

 

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Peste porcine africaine : inquiétude renforcée
Photo Inter/Site Chasse Drôme-Ardèche/Adrien Vermare

 

 

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PESTE PORCINE : LES CHASSEURS DU NORD ET DU GRAND EST SONT EN ALERTE. DANS UNE QUARANTAINE DE COMMUNES, ILS ONT DU SUSPENDRE IMMEDIATEMENT TOUTE CHASSE AU GRAND GIBIER

 

 

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Les chasseurs du Grand Est sont en alerte
Photo Inter/Comersis.com

   . Tout a évolué très vite. Trop vite. Beaucoup croyaient que la peste porcine africaine (PPA) resterait longtemps encore cantonnée à la seule Europe de l’Est. Ils se rassuraient à bon compte en répétant que ce type de virus ne progressait que lentement. Neuf pays de l’Union Européenne déjà touchés ? Ennuyeux bien-sûr mais la peste c’est chez les autres, pas chez nous : toujours la même chanson ! Qu’ici et là, des responsables cynégétiques se soient inquiétés publiquement de l’avenir de notre belle chasse au sanglier, aient appelé la communauté des chasseurs à se serrer les coudes face aux turbulences à venir malheureusement aussi diverses que prévisibles, ces responsables furent certes écoutés avec bienveillance ici mais sèchement rembarrés là. 

 

CHAMAILLERIES ENTRE CHASSEURS : L’ÉPISODE ACTUEL SIFFLE LA FIN DE LA RÉCRÉ

 

Entre chasseurs qui ne s’entendent pas, entre chasseurs et agriculteurs, entre chasseurs et propriétaires, entre équipes sangliers rivales, entre ACCA et chasses privées, entre gestionnaires et défenseurs de la chasse, y a-t-il encore du temps pour les chamailleries de cour de récréation ? Non. Pour tous les responsables de la chasse dignes de ce nom, l’épisode actuel de peste porcine africaine devenue belge siffle la fin de la récré. Car avec le sanglier, ses dégâts, ses coûts, ses opposants, ses maladies, tout peut aller désormais très vite. Terriblement vite.  

En 24 heures, le virus mortel tueur de sangliers et de porcs a fait un bon de 1000 Km. Comment donc ? Nul ne sait. Les sangliers n’ont pas encore muté au point de voler à tire-d’aile d’un bout à l’autre de l’Europe. D’Europe de l’Est, voilà le virus d’un seul coup propulsé à l’extrémité de la Belgique et très bizarrement à quelques Km seulement de la frontière française ; propulsé à la vitesse … d’une voiture, d’un train ou d’un avion.

 

2000 SANGLIERS ERADIQUES ? 

 

Mi-septembre, un premier sanglier est trouvé mort, porteur de la peste porcine africaine, puis 2. Les jours suivants : 18, puis 28, puis 44, puis 53 (nouvel état des lieux du 7 octobre). Les autorités belges ont instauré une zone de confinement de 63 000 hectares, soit l’équivalent du dixième du département de la Drôme. La chasse y est totalement interdite. La justice est saisie. 4000 porcs d’élevage sont abattus. Tout accès aux forêts de la zone contaminée est strictement interdit aux exploitants forestiers, ramasseurs de champignons, promeneurs et pas seulement aux chasseurs pour une durée d’un mois, du 15 septembre au 15 octobre … Au moins.

Et les sangliers ? A l’intérieur de la zone critique, il n’en restera bientôt plus un seul. Le gouvernement wallon estime qu’il s’en trouverait actuellement plus de 2000. Dans quelques semaines, plusieurs centaines seront probablement déjà morts de la peste. Ceux qui y auront survécu seront tous abattus. L’éradication est malheureusement pour le moment la seule solution envisagée par les autorités sanitaires et politiques.

 

UNE QUARANTAINE DE COMMUNES FRANÇAISES IMPACTEES

 

Trois semaines après le premier sanglier trouvé mort porteur du virus, aucun cas de peste porcine africaine n’avait été détecté dans les départements français. Toutefois, par principe de précaution, le gouvernement avait préféré interdire, plus exactement « suspendre », la chasse au grand gibier dans une quarantaine de communes proches de la frontière belge : du 15 septembre au 15 octobre … et plus si nécessaire. Côté français, sur cette zone dite d’« observation renforcée », une lancinante mais indispensable veille sanitaire a commencé.

 

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Chasse « suspendue » dans une quarantaine de communes françaises
Photos Inter/Capture/L’Est Républicain/15 septembre 2018.

 

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▪ Les chasseurs, premiers écologistes de France ? L’Empire vert contre-attaque …

 

 

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.   Les chasseurs, premiers écologistes de France ? Voilà une com réussie. Une simple question a suscité partout en France beaucoup de réponses passionnées et contradictoires. C’est ce qu’on appelle le débat français.

Nos adversaires ont joué le jeu. Pas de cadeaux pour les chasseurs mais rien de profondément insultant non plus. C’est plutôt réussi en visuel à la LPO par un astucieux détournement d’image et de texte ; c’est jugé un peu trop agressif s’agissant de la pétition d’un collectif intimant l’ordre à Décathlon de fermer ses rayons chasse, sans grand succès à vrai dire.  

Le débat a eu lieu. C’était le but.  

Avec Willy Schraen à la tête de la chasse, il y aura d’autres (bonnes) surprises.

 

 

▪ Sangliers drômois : comme l’Ardèche ? …

 

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Photo Inter/Site Chasse Drôme-Ardèche/Corentin Guérin

.   Quand les résultats d’analyses auront été communiqués par le réseau Sagir (ONCFS-Ministère de l’Ecologie), ce sera peut-être tout autre chose mais c’est peut-être ça …  

Face à la mort mystérieuse de sangliers près de Marsanne, Grâne et Mirmande, le rapprochement a été vite fait de l’autre côté du Rhône avec ce que les chasseurs ardéchois ont connu voici quelques années. C’était une première dans le monde …

 

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La maladie de l’œdème aurait-elle traversé le Rhône ?  

Le communiqué du 17 septembre 2018 en provenance du président de la FDC 26 fait état d’« une dizaine » de sangliers trouvés morts ; Le Dauphiné du 3 octobre parle d’« une quinzaine ». Le communiqué fédéral officiel situe l’origine du phénomène début septembre (« semaines 36 et 37 »). Le quotidien régional évoque « le début du mois d’août ». Pour le Dauphiné, « le mystère s’épaissit ».

 

▪ Natura 2000 : le plan de gestion globale des roselières du Rhône réactivé

 

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Photos Inter/Capture/CC BY-SA-NC

.   A l’invitation de la présidente-directrice générale de CNR, Elisabeth Ayrault et de son directeur territorial, Christophe Dorée, l’Interdépartementale Chasse Drôme-Ardèche était représentée aux « Rencontres Territoriales 2018 » de Bourg les-Valence par deux vice-présidents, Denis Péatier et Serge Roux qui ont pu s’entretenir avec différents responsables.

Les travaux CNR sur les digues déversantes du Rhône et dans la grande roselière était ensuite au cœur de la discussion du Comité de pilotage du site Natura 2000 ZPS 12 Printegarde. Les dépôts successifs de sédiments fins comme l’atterrissage de ligneux en résultant entretiennent un cycle d’étouffement des roselières avec avancée préoccupante dans le lit du Rhône de la forêt ripisylve. Outre la question primordiale de la sécurité hydraulique en période de fortes crues maintes fois évoquées par les riverains, la disparition des roselières porterait un coup fatal à la biodiversité, l’avifaune nicheuses et migratrice rhôdanienne à haute valeur patrimoniale étant la plus menacée.

Ces problématiques pointues ont fait l’objet d’échanges « d’une grande richesse » selon l’observation du président (réélu) du Comité de pilotage, le maire du Pouzin, Alain Martin. Les chasseurs ardéchois et drômois ont pris toute leur part aux débats, faisant des propositions par l’intermédiaire du président de l’Inter Chasse Drôme-Ardèche, Christian Pialet et du vice-président Noël Chautard, également délégué départemental ANCGE, seuls représentants des chasseurs présents.

 

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Photo Inter/Alain Pialet

Rappelant avoir été le premier responsable d’un programme scientifique bidépartemental de comptage des oiseaux d’eau hivernants sur le site de la réserve nationale de chasse et de faune sauvage de Printegarde avec le concours de la Fédération Départementale des Chasseurs de l’Ardèche, de l’ANCGE, de l’Interdépartementale, de l’ONCFS, Christian Pialet a pris des exemples concrets démontrant que les roselières sont « en danger de disparition » au nord de la ZPS. Pour lui, « l’urgence serait plutôt là ». Il cite aussi la disparition en cours de la grande lône de Livron à la confluence de la Véore, « biotope laissé à l’abandon et jadis remarquable ». Tempérant quelque peu l’enthousiasme de la responsable CNR ventant les mérites des échelles à poissons, le pêcheur qu’il est aussi demande si les caméras ont pu filmer dans le Rhône à la sortie des passes artificielles les bancs de gros silures « qui ne mangent pas que des canards mais aussi du poisson ».

Evoquant le partenariat « très ancien et solide » qui unit CNR à l’Inter Chasse 2607 et les « bonnes relations » qu’il entretient lui-même avec l’ornithologue agréé par le Muséum d’Histoire Naturelle de Paris et son équipe baguant les petits passereaux de la roselière, l’Ardéchois qui se présente comme « Un enfant du Rhône » (Cf. rapport annuel CNR 2017) plaide pour « une gestion globale des roselières » en lieu et place de l’approche actuelle qu’il juge « trop séquentielle, trop fragmentée ». En clair, au-delà de la ZPS de Printegarde qui mérite toute l’attention, le Rhône naturel a aussi un aval et un amont.

 

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Photo Inter/Alain Pialet

Faisant écho à l’intervention du responsable cynégétique qu’aucun membre du Comité de pilotage n’a jugé utile de contester si peu que ce soit, le représentant du préfet de l’Ardèche, M. Christian Denis, abonde dans le même sens. Depuis toujours, le chef de pôle DDT 07 défend l’idée d’un plan de gestion globale des roselières. Il se dit en pleine adéquation avec les propos du représentant des chasseurs. Pour le représentant de l’Etat, « nos roselières du Rhône doivent rester des roselières » et cela s’entend « du Nord au Sud, rive gauche et rive droite ». Il préconise donc le retour à « des travaux en alternance ». En forme de clin d’œil appuyé, le représentant du préfet conclue son intervention par ces mots :

« Je salue la pertinence de l’intervention de M. Pialet que je remercie ».

Quelques jours après, se tenait l’assemblée générale annuelle de l’association des Riverains de « Prentegarde » La Voulte-Livron (ils tiennent à cette orthographe) que préside René Boyer. La prise de parole du directeur territorial CNR Rhône-Isère, Christophe Dorée, était très attendue. Le directeur, après avoir détaillé l’action de CNR, assure les participants qu’« un travail est mené sur un plan de gestion globale de toutes les roselières » (Cf. Dauphiné du 2 octobre 2018).  

 

 ▪ Avec son vautour plombé sans plomb, la FRAPNA 26 pourrait y laisser quelques plumes

 

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Photomontage Inter/CC BY-SA

.   Nous avons souligné ici que la FRAPNA 07 paraissait avoir pris de la hauteur en se consacrant davantage aux grands enjeux environnementaux susceptibles de fédérer un plus grand nombre de personnes, notamment les jeunes. Ce n’est toujours pas le cas, semble-t-il, de son homologue drômoise qui donne l’impression de n’exister encore, dans sa longue surenchère conflictuelle avec l’ASPAS, que par son hostilité militante et « historique » à la chasse. Mais à trop vouloir prouver …

Piégée à son propre piège ?   

En permanence à l’affût du moindre fait qui pourrait accréditer que les chasseurs se comportent mal, la FRAPNA 26 a réussi (sans trop de difficulté comme à l’habitude) à faire médiatiser fortement une affaire de vautour percnoptère trouvé vivant mais par terre. Etablissant aussitôt la concordance manifeste entre l’ouverture de la chasse et le début de migration du volatile, la FRAPNA 26 portait plainte pour « tir illégal sur une espèce protégée ». Démonstration semblait donc faite par la FRAPNA 26 de la sale habitude des chasseurs de plomber tout ce qui bouge ! La LPO lui emboîtait le pas imprudemment avant de s’en mordre les doigts, puis de rétropédaler.

Petit problème, en effet : un scanner aurait démontré que l’oiseau plombé ne présentait à l’examen scientifique … « aucune trace de plomb dans le corps ».

La FDC 26 fondée à porter plainte

L’arroseur arrosé : c’est maintenant la FRAPNA drômoise qui risque de se retrouver devant un tribunal, la FDC 26 ayant à son tour porté l’affaire devant la justice pour « diffamation publique ».

 

 

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.   Dialogue gagnant-gagnant :

 

Dans un courrier adressé à chacun des maires de l’Ardèche, le président de la Fédération Départementale des Chasseurs, Jacques Aurange, annonce qu’il serait heureux et honoré d’accueillir les premiers magistrats des communes au salon des Maires le 18 octobre 2018 au Pouzin afin de pouvoir échanger avec eux.

La FDC 07 sera en effet présente à cet évènement et y tiendra un stand.

Voilà une excellente initiative du Président Aurange et de son équipe fédérale. C’est par le dialogue constructif et les échanges positifs que les choses avancent.

 

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BOUCHERS ET POISSONNIERES FACE A LA VAGUE VEGANE

 

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.   Libre à chacun de préférer manger une salade plutôt qu’une entrecôte.  

Libre aussi à chacun de préférer l’inverse ou de manger volontiers les deux. Libre aux végans militants d’ignorer que sur la planète Terre l’homme omnivore est biologiquement programmé pour une nourriture complexe et équilibrée quand elle lui est accessible tandis que le lion carnivore de la savane cherche naturellement depuis toujours le gigot d’antilope plutôt que la touffe d’herbe …

Libre à chaque végan antispéciste d’aller jusqu’à croire et faire croire que son frère moustique et sa sœur punaise valent autant sinon mieux que sa famille, ses amis (et lui pour commencer) quand bien même l’on attend toujours avec impatience et curiosité de voir un chimpanzé chirurgien opérer un enfant à cœur ouvert pour lui sauver la vie, une Sœur Emmanuelle ourse changer les tas d’immondices des bidonvilles en écoles et dispensaires, un Abbé Pierre loup redonner un toit, un emploi, une dignité aux cabossés de la vie, etc. Mais tout ceci, finalement reste de l’ordre du débat et des convictions personnelles de chacun. C’est tout à fait respectable.

Ce qui n’est plus respectable du tout ce sont les pressions, les intimidations, les violences verbales et parfois même physiques, assumées, revendiquées, qui plus est dans l’anonymat : la haine dégradante dissimulée derrière le masque hideux de la lâcheté. Quand la violence de l’ombre, physique et masquée tient lieu d’argument, les ennemis de la Liberté et de la République (les vrais) ne sont jamais bien loin.

Si les défenseurs de la cause animale quels qu’ils soient (les vrais) ne veulent pas voir réduits à néant leurs efforts entrepris depuis des années pour que la souffrance animale recule et soit prise en compte le plus possible dans toute activité humaine, sans pour autant interdire ces activités, ils ont intérêt à vite s’entendre pour dénoncer ensemble solennellement, sans faux-semblants, sans exclusive, l’extrême-véganisme ; le dénoncer avant que l’irréparable ne soit commis par un fanatique sectaire.  

En attendant, pour conclure plus légèrement, autorisons-nous à parodier Brassens. Disons que, peint en rouge ou vert, la couleur ne fait rien à l’affaire, « quand on est con, on est con ». Bouchers et poissonnières s’inquiètent que la vague végane dans sa dérive extrême ne se transforme un jour, si elle n’est pas stoppée à temps, en véritable tsunami ; on les comprend.

Et le gouvernement ? …

 

 

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L’INTERDEPARTEMENTALE